Griffith Baker
Saskatchewan
Projet Ionic, 2004
Évian : 660mm dia. x 1829 mm
Dasani : 864mm dia. x 2743 mm
Aquafina : 762mm dia. x 3353 mm
Bouchons de bouteilles de plastique
GRIFFITH AARON BAKER est né à Saskatoon, en Saskatchewan. En 2004, il obtient un baccalauréat en arts plastiques, spécialisation sculpture, de l’Université de Regina. Il poursuit actuellement des études de maîtrise en arts visuels à l’Université Concordia, à Montréal. Il a participé à plusieurs expositions de groupe en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique, dont la Biennale organisée par le regroupement Small City Art Museums qui soutient les artistes émergents établis dans une des trois provinces des Prairies. Il a aussi gagné le prix Anthony Kay, de l'Université de Regina, pour son engagement dans
la communauté artistique.

Projet
Les oeuvres de Griffith Baker questionnent les conséquences engendrées par nos habitudes de consommation; elles remettent particulièrement en cause le système de gestion des déchets. Dans cet esprit, l'artiste se propose de récolter, en collaboration avec des groupes recrutés à Baie-Saint-Paul et dans la région, un nombre considérable de déchets à première vue insignifiants: des bouchons de bouteilles de plastique. Il espère contribuer ainsi à favoriser une prise de conscience sur le regard distant et faussé que nous portons sur nos vidanges. L’accumulation de déchetsbouchons servira ensuite de matière brute pour la création d'une ou de plusieurs sculptures-bouteilles géantes et déformées. Ainsi l'oeuvre qui sera érigée métamorphosera l'objet polluant en monument témoin de l'éveil d'une conscience environnementale collective.

Mathieu Lefèvre
Alberta
Don't fuck up my painting, 2006
Huile 3,81 cm d’épais sur toile
Né à Edmonton (Alberta), MATHIEU LEFÈVRE a obtenu, après une formation en sciences politiques, un baccalauréat en arts visuels et médiatiques (2006) que lui a décerné l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Une de ses oeuvres a été sélectionnée par le Centre d’art public de Montréal et a fait partie de l’événement Artefact Montréal 2007 - Sculptures urbaines. De plus, au cours des récentes années, il a notamment exposé ses travaux dans les centres d’artistes Skol, Clark, Dare-Dare, à la Galerie de l’UQÀM, à la Galerie X de l’Université Concordia, ainsi qu’à l’Escape Artists’ Society de Vancouver (2007).

Projet
«La création d’un organisme sans but lucratif, ayant pour objectif d’offrir des conseils professionnels aux artistes»: voilà ce que compte réaliser Mathieu Lefèvre au cours du Symposium. Un kiosque, sorte de salon de l’emploi ou
d’agence de placement, sert de point central à ce projet; on devrait y trouver des «moyens de financement alternatifs pour la production artistique». Les actions proposées revêtent un aspect irrationnel, irréaliste et tourneront autour de l’escroquerie. Certaines illustrent les manières de gagner de l’argent de façon illicite aux dépens des collectionneurs, des galeries, des institutions financières et du public général; d’autres enseignent comment réussir ou comment faire semblant de réussir dans le milieu artistique en peignant ce qui est « vendeur ». Bref, c’est à une réflexion teintée d’ironie sur le marché de l’art que nous convie Mathieu Lefèvre!

Thierry Arcand-Bossé
Québec
For Your Safety, 2007
Acrylique sur toile
1,68 x 2,44 m
THIERRY ARCAND BOSSÉ est né en 1976 à Québec où il réside et travaille. Après un diplôme d’études collégiales en Arts plastiques à Sherbrooke, il obtient un baccalauréat en arts visuels (2003) à l’Université Laval. Lauréat d’une bourse de recherche et création du Conseil des arts et des lettres du Québec, en 2006, il expose ses peintures en solo à la Galerie Rouje (Québec) et à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce (Montréal).Il a participé à diverses expositions collectives : Galerie Lacerte Art Contemporain, Galerie des arts visuels de l’Université Laval, théâtre du Périscope en collaboration avec l’Oeil de Poisson
(Québec). Il est représenté par la Galerie Lacerte Art Contemporain (Québec).

Projet
La production de Thierry Arcand Bossé se caractérise essentiellement par l’appropriation et le remaniement d’une multitude de styles graphiques connotés par une vive inclination pour les enjeux politiques et sociaux de notre époque. Dans ses réalisations actuelles, il privilégie une esthétique tirée de la publicité américaine des années 1950. La richesse graphique et la singularité stylistique de cette imagerie sont à la source de ses nouvelles compositions. Omniprésente à travers sa production, la bande dessinée de science fiction américaine lui sert de modèle; son imagerie est accompagnée d’effets de trame réalisés au pochoir à l’instar de Roy Lichtenstein. Son intention affichée pour le Symposium est de recréer à grande échelle le dynamisme de la B.D. et de submerger le spectateur par l‘intensité jubilatoire de la couleur.

ATSA (Annie Roy et Pierre Allard)
Québec
Projet Squat Polaire
Les trois ours, 2007
Installation
Le sort des plus démunis, l’avenir de la planète, la sauvegarde du patrimoine… Les causes que défend l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA) depuis dix ans sont nobles et nécessaires. Le collectif formé de Pierre Allard et Annie Roy ne s’en cache pas: voici de l’action sociale concrète, l’art au service des gens. La manière est peu délicate, cet «OSBL du Plateau Mont-Royal» ayant opté pour un humanisme agressif et provocateur. Son camp État d’urgence est une invitation récurrente à cohabiter avec les sans-abri. L’ATSA lance des «bombes» exploitant l’effet des contrastes. Il s’agit d’un terrorisme acceptable, telle cette auto brûlée de la série Attentat, dénonciation de notre dépendance au pétrole.

Projet
Boucle d’or chez les Bougon, c’est la version trash d’un conte vu et revu par l’ATSA.Vu et revu sous la forme d’une roulotte abandonnée, allégorie d’un ras-le-bol: la surinformation écologiste sans résultats. «Boucle d’or n’est pas mignonne. C’est une lâche qui brise tout et s’enfuit sans s’excuser. Comme nous qui envahissons et détruisons.» Annie Roy compte sur l’esthétique crasseuse et souillée pour bousculer une population inerte et hypocrite. Les trois ours sont désabusés comme les Bougon de la télé. Dans leur roulotte? Que des choses trouvées dans les dépotoirs. Squat polaire, titre du projet, prendra la forme d’une
installation et fera une escale les 17,18 et 19 août à Baie-Saint-Paul, après un premier arrêt en juin à Montréal.

Mathieu Beauséjour
Québec
Histoires, 2007
Encre sur papier
Dimensions variables
Crédit photo : anti-©MB2007
Autodidacte, MATHIEU BEAUSÉJOUR présente ses installations régulièrement depuis le milieu des années 1990. Il pratique aussi l'intervention et l’édition de multiples. Ses projets Survival Virus de Survie (1991-1999) et Internationale
Virologie Numismatique (1999 - ) ont été exposés au Canada, en Europe et en Colombie. Il a été lauréat de bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada. Il a bénéficié de résidences à Paris en 2000 (Centre Culturel Canadien / Quartier Éphémère) et à Londres en 2004 (Conseil des Arts du Canada/SpaceStudios). Mathieu Beauséjour exerce aussi des activités de commissaire d’exposition. Il se déclare anarcho-utopiste.

Projet
Ancré dans la trajectoire dada-surréalisme-situationnisteimmédiatisme, Mathieu Beauséjour élabore son travail dans une perspective de résistance et de détournement en questionnant le mode de diffusion au sein du système de l’art contemporain. Constatant que les ouvrages d’histoire de l’art au Québec s’arrêtent à la période du Refus global, l’artiste recouvre de noir les reproductions de tableaux qui figurent dans ces livres pour rendre sensible au public le fait que la production artistique actuelle est négligée. Loin de dénigrer les oeuvres qu’il masque avec la couleur du drapeau anarchiste, il invite les spectateurs à se
demander pourquoi les oeuvres d’art sont devenues invisibles aujourd’hui. Mathieu Beauséjour réalisera aussi une performance intitulée Exposer le réseau.

Stéphanie Béliveau
Québec
Autour de ma peinture (détail de l’installation), 2006
Dessin et collage sur papier
Photo : Guy L’Heureux
Après avoir terminé son baccalauréat à l’Université Concordia avec le premier prix dans la catégorie dessin et peinture, STÉPHANIE BÉLIVEAU poursuit ses études
à l’Université du Québec à Montréal où elle obtient sa maîtrise en 1993. Sa carrière prend son envol avec sa participation à l’événement Artifice qui est suivie par une première exposition individuelle à la Galerie Trois Points en 1996. En 1997, elle est lauréate du Prix Pierre-Ayot. Depuis, Stéphanie Béliveau expose régulièrement tant au Canada qu’à l’étranger. Ses oeuvres font partie de plusieurs collections nationales et corporatives. Le Centre d’exposition de Baie-Saint-Paul lui consacrera une exposition individuelle en 2008. Elle est représentée par la galerie Simon Blais (Montréal).

Projet
Stéphanie Béliveau se propose de réaliser une série de dessins qui témoigneront de sa vision personnelle, multiple et contrastée de l’humanité. Les dessins, dont chacun sera conçu comme une oeuvre autonome, seront épinglés au mur. L’artiste jouera ensuite avec les contrastes entre les dessins sombres et ceux qui seront plus lumineux pour créer une seule grande oeuvre qui rendra compte de la complexité de l’espèce humaine où coexistent le meilleur et le pire. L’image finale aura l’aspect d’une forme oblongue, sombre au centre et plus claire sur les contours; elle pourrait évoquer une île, hommage discret à la beauté de la nature.

Nancy Belzile
Québec
Les motifs de la fuite, 2006
Film d’animation tourné sur pellicule Super 8,
montage numérique, film en boucle
Durée 4.33 minutes
Bachelière en arts visuels de l’UQÀM, NANCY BELZILE a participé à de nombreuses expositions à la Galerie Clark, à l’Espace 406, chez Skol, au Musée d’art de Saint-Hilaire, ainsi qu’à l’Institut des beaux-arts de Liège (Belgique). Membre de Centre Clark, elle s’est aussi distinguée en tant qu’artiste intervenante auprès des communautés populaires (Programme de partenariat culture et communauté Skol-Ceda).

Projet
«Je propose de réaliser une série de courts films d’animation – technique de pixilation – inspirée d’histoires relatives à la région de Baie-Saint-Paul. Les thèmes et les sujets abordés auront trait à l’engagement, dans son sens le plus large. Mon projet s’élaborera autant sur les lieux qu’en atelier; il va s’étaler dans le temps et l’espace sur la base d’une accumulation progressive de diverses explorations sur papier, sur acétate et sur verre. Mon approche sera très picturale, mes films d’animation tirant leur force et leur délicatesse de la pratique de la peinture que j’ai développée au cours des années. Je compte occuper le lieu en
exposant, au fur et à mesure de leur réalisation, les images ayant servi aux animations: je les déploierai sur les murs et les tables de travail. Le dernier week-end du Symposium, je présenterai au public l’ensemble des films réalisés et rendrai compte des différentes étapes de leur élaboration.»

Patrick Bernatchez
Québec
Chrysalides #7, 2006
Dessin à la mine de plomb
sur papier, encre et acrylique
21 x 28 cm
Formé en graphisme au Cégep du Vieux Montréal. Depuis quelques années, PATRICK BERNATCHEZ a développé une démarche multiforme caractérisée par une esthétique mariant le merveilleux et le monstrueux; il y explore la photographie, l’installation et la vidéo autant que le dessin et la peinture, ses médias de prédilection. Les thèmes du corps, de la mutation, du sexe, de la mort et de la renaissance y sont explorés dans une exubérance et un lyrisme conjuguant le fantasmatique et le cauchemardesque.

Projet
«Ma proposition consiste à réaliser une immense murale sur plexi-miroir (2,2 x 8 m) composée de six sections. Cette fresque s’inscrit dans un vaste projet intitulé Chrysalides que je développerai tout au long de l’année 2006-2007 et qui aborde les notions de passage, de transition et de cycle. Inspiré par mon lieu de création (un immeuble manufacturier montréalais), j'essaie de traduire de manière personnelle les enjeux qui s’y trament. Cet immeuble et le quartier où il est édifié symbolisent l’ère industrielle de la fin d’un XXe siècle déliquescent. J'y observe depuis quelques années les métamorphoses qui s'y opèrent à un rythme de plus en plus rapide, en écho aux enjeux économiques globaux comme le déplacement des manufacturiers du textile vers d’autres régions du globe. La murale de Baie-Saint-Paul sera la pièce maîtresse de cette série et la dernière à être produite.»

Simon Bilodeau
Québec
Dessin représentant l’image de l’espace du projet, 2007
Formé en arts visuels et médiatiques à l’UQAM et en arts plastiques au Collège Montmorency. Par leur effet de mise en scène dans l’espace, les peintures de SIMON BILODEAU questionnent l'environnement de l'objet d'art, celui dans lequel il est conçu mais aussi celui dans lequel il est amené à exister. Ainsi, les univers qu’il propose font-ils office de représentations fictives de la réalité dans lesquelles le spectateur doit trouver place.

Projet
«Je propose de mettre en scène le travail de l'artiste en atelier.» Un espace de production, sorte de caverne, sera aménagé: tel se présente le lieu de travail de Simon Bilodeau pour la durée du Symposium. C’est là que va naître le tableau
destiné à être présenté à la fin de l’événement. Se greffent à cette activité des réflexions sur le travail de l'artiste, le marché de l’art, l'investissement qu'implique la création, etc. «Mon objectif est de rendre compte de l’acharnement de l’artiste à rendre tangibles des fabulations qui souvent lui coûtent cher en énergie, en temps et en argent. Lorsque mon tableau verra le jour, je le vendrai aux enchères non sans avoir suscité une demande que j’aurai cherché à stimuler par des stratégies d’autopromotion.»

Marie-Claude Bouthillier
Québec
Créatures, 2004
Titulaire d’une maîtrise en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), MARIE-CLAUDE BOUTHILLIER a exposé dans de nombreux centres d’exposition au Québec, ainsi qu’à l’étranger depuis 1989. Elle a déjà participé au Symposium de peinture de Baie-Saint- Paul en 1993. En 2000, sa peinture a été montrée à la galerie Mercer Union de Toronto. En 2001, elle a participé à l’exposition Métamorphoses et clonage au Musée d’art contemporain. En 2006, elle a été commissaire pour la Galerie Clark dont elle est un membre actif. Elle participe, cette année, à Artefact Montréal 2007 dans le Parc Jean-Drapeau à Montréal.

Projet
Marie-Claude Bouthillier veut réaliser un projet qui lui trotte dans la tête depuis longtemps. L’artiste, qui est connue, en particulier pour ses tableaux composés avec la répétition de ses initiales «mcb», apportera des chutes d’atelier accumulées depuis 1997 et les assemblera pour constituer une sorte d’immense patchwork. Marie-Claude Bouthillier considère d’ailleurs que son travail s’apparente à l’art textile puisqu’elle joue avec la répétition de motifs. En recyclant ainsi ses oeuvres, elle montre aussi qu’elle ne se désengage pas de son passé. La peintre sera présente à Baie-Saint-Paul les deux premières semaines du mois d’août.

Lucie Duval
Québec
Mainmises, 2006
Impression numérique
(encres aux pigments)
95 x 130 cm
Originaire de Mont-Laurier, LUCIE DUVAL est diplômée de l’École des beaux-arts de Toulouse (1983). Boursière du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec elle expose régulièrement ses oeuvres à Montréal (Occurrence, Vox…) où elle vit et travaille. La Galerie Joyce Yahouda (Montréal) a exposé sa dernière production, en 2006. Lucie Duval a pris part à de nombreuses expositions collectives tant au Canada qu’aux États-Unis, au Mexique, en Europe (Italie, France) et en Asie (Japon, Taïwan). Certaines de ses oeuvres font partie de la Collection de prêts d’oeuvres d’art du Conseil des Arts du Canada et du Musée national des beaux-arts du Québec.

Projet
Le travail de Lucie Duval s’articule autour de l’interférence entre ce qui est lu et ce qui est vu. Il s’agit d’une pratique où les mots se jouent des images et des objets et inversement. Ainsi, la textualité et l’image participent d’une interrelation où le sens se déploie aussi bien à travers des projets d’installation in situ ou réalisés en atelier que par l’intermédiaire de la photographie. Dans l’esprit du 25e Symposium de Baie-Saint-Paul, tout en demeurant fidèle à ses principes, Lucie Duval procèdera à des allers et des retours entre l’engagement proprement dit, thème du symposium, et l’idée que le langage ment.

Rachel Echenberg
Québec
Help, 2007
Esquisse préparatoire
Formée au Nova Scotia College of Art & Design, à l’Art Institute of Chicago et au Dartington College of Arts (Angleterre), RACHEL ECHENBERG est une artiste montréalaise multidisciplinaire surtout connue comme vidéaste et performeuse. Elle mène des activités de commissaire d’expositions et d’enseignante. Récemment, elle a été artiste en résidence à la Chambre Blanche (Québec) et elle a participé à l’exposition Fray au Musée des textiles de Toronto; enfin, Praxis, centre autogéré d’artistes de Sainte-Thérèse, lui a consacré une exposition individuelle.

Projet
«Ma pratique multidisciplinaire explore la notion de présence à travers la vulnérabilité, l’intimité et les relations non contrôlables.» Le projet qu’envisage de monter Rachel Echenberg s’inscrit dans cette optique. Il s’agit d’un dessin à grande échelle du mot «Help». «The drawing will be worked, re-worked, erased and drawn on top of over and over again throughout the month-long symposium.» Cette proposition qui se veut « une exploration de l’idée d’urgence contemporaine» pose la question: «Does the drawing plead, ask or offer help?»

Jérôme Fortin
Québec
Court métrage no 12, 2007
Papiers divers
102 x 152 cm
Ses Cabinets de curiosité, séries d’artefacts placés au sol, au mur ou sur une table, apparaissent vers 1996. L’essentiel de sa signature, exposée ici et à l’étranger (de Washington à Tokyo), s’y retrouve: accumulation, manipulation, recyclage. Depuis, les allumettes et les bouchons de la première époque ont cédé la place à des bouteilles en plastique (les Marines) et à des livres (les Solitudes et Tondos). Écrans, dernière voie empruntée et tout juste célébrée en grand au Musée d’art contemporain de Montréal, a confirmé les talents de cet artiste obsédé par le temps et la valeur poétique du quotidien. JÉRÔME FORTIN est représenté par la galerie Pierre-François Ouellette art contemporai (Montréal).

Projet
Jérôme Fortin veut profiter de son passage à Baie-Saint-Paul pour affirmer la picturalité de sa signature. Pour lui, comme pour beaucoup d’artistes et d’observateurs, le Symposium demeure un événement associé à la peinture. Fin mai, il réfléchissait encore à son projet, mais il se savait tenté par un vieux rêve, celui de redonner un nouvel usage aux clous et crochets utilisés pour l’accrochage de tableaux. «Je veux assister la peinture, disait-il. Il n’y a plus d’image, mais ça en demeure une.» La forme de ses futures peintures-objets restait à trouver, tout dépendrait de la réponse des musées, source première de sa matière.

Roadsworth (Peter Gibson)
Toronto
Dents-de-lions, 2005
OEuvre in-situ
Peinture directe et pochoirs
6 x 23 m
Né à Toronto, Peter Gibson s'installe à Montréal dès l'âge de 19 ans pour y étudier la musique de jazz. À partir de 2001, sous le nom de Roadsworth, il peint les rues de Montréal ; il faut dire qu’il est animé du désir pressant de développer des pistes cyclables en ville et de remettre en question la « culture de l'automobile ». En 2004, Roadsworth, arrêté pour ses activités nocturnes, doit
répondre à 53 chefs d'accusation ; grâce à l'appui du public, il bénéficiera de la clémence de la cour et s’en tirera avec une condamnation relativement légère. Depuis, l'artiste a réalisé des projets qui ne l’exposent pas à des poursuites judiciaires, notamment pour le Cirque du Soleil, le Centre canadien d'architecture, Quartier Éphémère et la TOHU. Il poursuit une carrière qui allie musique et
arts visuels.

Projet
Empreintes d'humour et de poésie, les interventions artistiques de Roadsworth s'immiscent dans l’espace public ; elles en réinterprètent certains des aspects physiques, culturels et historiques. Directement avec de la peinture ou bien à l’aide de pochoirs, l'artiste transforme, par jeux de répétition et de contraste, divers éléments de l'infrastructure urbaine tels les ombres projetées par les lampadaires de rue, les couvercles d’égout, les trottoirs ou les lignes de partage de la chaussée de certaines rues auxquels il ajoute des fermetures éclair, des barbelés, des hiboux, des fleurs, des feuilles, des ouvre-boîtes, des bougies d’anniversaire, des haut-parleurs, des rubans de Noël, des ciseaux. Ses ajouts éphémères engendrent des associations inattendues. De plus, les oeuvres de
Roadsworth brouillent la frontière entre les éléments «industriels» et «naturels» soulignant ainsi l'étroitesse du lien qui unit la vie humaine à la nature.

Stéphane Gilot
Québec
Mondes modèles (1), 2006
Installation : maquette (carton, matériel d’isolation, miroir, 
figurine plastique, écran vidéo inséré), moniteur, lecteurs
DVD, une animation vidéo (boucle d’une minute) et une
vidéo (boucle de 9 minutes)
300 x 240 x 95 cm
En 1996, il est arrivé à Baie-Saint-Paul en tant qu’«artiste belge». Depuis, STÉPHANE GILOT s’est établi à Montréal. Puisant dans le jeu, la technologie et l’architecture, ses installations se présentent comme des microcosmes de
la société. Ses projets in situ ont fait sa renommée : Enlèvement (Galerie Lilian Rodriguez, 1999), La Station (Oboro, 2006) et surtout Libre arbitre (2001), ludique et inquiétante occupation de la petite salle du Musée d’art contemporain de Montréal. Pour le centre DARE-DARE, il a piloté L’Algèbre d’Arianne, manifestation réunissant Montréal et Liège. Il est représenté par la galerie Paul Petro de Toronto.

Projet
Dix ans après sa participation à un symposium que l’on dénommait alors par l’expression «nouvelle peinture», Stéphane Gilot revient dans Charlevoix avec l’idée de travailler le dessin en série et en grand format. Il n’entend pas, semble-t-il, comme en 1997, s’engager dans un nouveau déploiement du Jeu de l’oie – «bien que celui-ci pourrait apparaître à l’occasion», mentionne-t-il. Il perçoit le Symposium 2007 comme une chance qui lui est offerte de faire la synthèse de plus de dix ans de création. Il compte ainsi reprendre ses thèmes de prédilection où le jeu s’inscrit comme une métaphore de l’existence, de la vie en société, de ses lois et de ses enjeux. Gilot sera présent au Symposium les deux dernières semaines du mois d’août.

Nathalie Grimard
Québec
Désir, 2006
Fils de coton
et fils d’argent sur toile
51 x 25 cm
Photo : Nathalie Legault
Née à Sherbrooke en 1968, NATHALIE GRIMARD obtient sa maîtrise en arts plastiques de l'Université du Québec à Montréal en 1997. Bien que son travail soit multidisciplinaire, l’installation photographique est le médium qu’elle privilégie. Elle compte déjà de nombreuses expositions individuelles et collectives, notamment First Aid à la Loop Gallery, à Toronto (2002) et Métamorphoses et clonage au Musée d’art contemporain de Montréal (2001). L’artiste a été lauréate de la Bourse McAbbie en sculpture (1992) et du Prix Pierre-Ayot (2001). Ses oeuvres ont fait l’objet de plusieurs publications. Nathalie Grimard est représentée par la Galerie Trois-Points à Montréal.

Projet
Comme pour ses travaux précédents, Nathalie Grimard suit un protocole qu’elle s’impose, comme cela se pratique dans la recherche scientifique. Ainsi, elle compilera les réponses qu’un certain nombre d’habitants de Baie-Saint-Paul
auront données à son questionnaire portant sur leur identité sociale, leur santé et leur rapport à la maladie. Elle photographiera les gens. Après quoi, elle transfèrera devant le public certaines des informations qu’elle aura recueillies en perforant, à l’aide d’une aiguille, le papier d’Arches sur lequel les photographies auront été imprimées. Les dessins ainsi réalisés représenteront un objet intime. Nathalie Grimard sera présente à Baie-Saint-Paul les deux premières semaines du mois d’août.

Christine Major
Québec
L’Étreinte, 2007
Acrylique, fusain sur toile
115,5 x 159 cm
Photo : Marie-Christine Simard
Titulaire d’une maîtrise en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal, CHRISTINE MAJOR compte à son actif une quinzaine d’expositions personnelles parmi lesquelles on peut noter Vivarium en 2004, présentée dans la salle Zone-Libre au Musée des beaux-arts de Montréal. Elle a déjà participé, en 2003, au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. L’artiste a reçu
plusieurs bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Ses oeuvres font partie de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal et de la collection Prêt d’oeuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec.

Projet
Christine Major travaille sur le rapport entre les animaux et leur maître. Elle souhaite entrer en contact avec le public assidu de Baie-Saint-Paul pour poursuivre sa démarche. C’est pourquoi elle lance une invitation formulée ainsi :
«Collaborez à un projet artistique en compagnie de votre animal domestique préféré.» Dans un studio spécialement aménagé, l’artiste recevra les personnes (et les animaux) volontaires pour des prises de photos et l’exécution de croquis. À partir de ces matériaux, Christine Major réalisera des portraits des animaux domestiques en compagnie de leur maître. Les tableaux seront ensuite présentés dans l’aréna. La peintre sera présente à Baie-Saint-Paul les deux premières semaines du mois d’août.

Marie-Claude Pratte
Québec
Artiste Raté (Série Histoire de l'artiste contemporain), 2001
Acrylique sur bois
21 x 21cm
Photo : Marie Claude Pratte
Diplômée de l’Université Concordia (1985), MARIECLAUDE PRATTE commence à exposer une dizaine d’années plus tard, d’abord dans des lieux parallèles
(Atelier Guido Molinari, Musée Juste pour rire, Foufounes électriques) puis au Centre Saydie Bronfman en 1999, où elle se fait remarquer avec ses Portraits de société. En l’an 2000, elle est du Pass-art de Rouyn-Noranda, ainsi que de
la première de L’Art qui fait boum! Un an après, elle dévoile son Histoire de l’artiste contemporain, avant de l’augmenter pour la Manif d’art de Québec en 2005, où elle disperse sa peinture d’inspiration naïve et très critique de manière
originale dans les cellules de l’ancienne prison désormais intégrée au Musée national des beaux-arts du Québec. Cet été, elle sera aussi au Musée d’art de Joliette avec H.A.C. (Histoire de l’artiste contemporain).

Projet
«Une histoire qui se vit et se raconte à la lumière des oeuvres et des artistes célébrés ou répudiés, des hiérarchies, des modes, des goûts, des théories, des événements, des rencontres, des dits, des non-dits et de ma vision des êtres et des choses.» Marie-Claude Pratte, connue pour ses tableautins sur bois aux narrations imprégnées de tragique et d’humour, compte poursuivre à Baie-Saint-Paul son Histoire de l’artiste contemporain.À maintes occasions depuis 2001, elle a revu et augmenté cette «histoire qui se vit et se raconte ». Le Symposium lui offre un point de vue privilégié pour la revisiter, en peignant en direct en fonction du déroulement de l’événement.

Michel Saulnier
Québec
Chien, Berlin, 2002
Techniques mixtes sur carton
70 x 115 x 20 cm
Photo : Karen Spencer
Détenteur d’une maîtrise en histoire de l’art de l’Université de Montréal (1987), MICHEL SAULNIER vit et travaille à Saint-Jean-Port-Joli. Il a réalisé plus d’une vingtaine de commandes publiques mais, en particulier, une sculpture extérieure pour l’Hôpital Général du Lakeshore (Montréal, 2003) et une autre pour le Jardin d’arbres de la Compagnie Domtar (Montréal, 2002). Il a pris part à des expositions collectives telles qu’Artefact (2001) et d’un Millénaire à l’autre (2000). Michel Saulnier a eu l’occasion de résider en Allemagne, en tant qu’artiste invité à la Villa Concordia de Bamberg pour l’Internationales Künstlerhausen en 2002-2003. Il a gagné le Prix de la création artistique du Conseil des Arts et des lettres du Québec pour la région Chaudière-Appalaches en 2006. Une rétrospective de ses oeuvres sera montée, en 2008, au musée de Rimouski. De nombreuses expositions individuelles ont permis à l’artiste de présenter ses sculptures au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Allemagne et au Japon.

Projet
Au tout début des années 1980, Michel Saulnier exécutait des tableaux-assemblages de bois peint. Selon ses propres dires, son passage au Symposium international de peinture de Baie-Saint-Paul, en 1984, a modifié radicalement son approche artistique à partir de la sculpture d'un ours. Ses
sculptures figuratives suscitent par leur apparente simplicité de multiples interprétations; elles s’inscrivent tout à la fois dans le sillage de l’enfance, de l’histoire de l’art et de la sculpture. Depuis son séjour en Allemagne en 2002-2003, Michel Saulnier lamine des boîtes de carton recyclées comme s’il s’agissait de morceaux de bois, sculptant à l’exacto dans ces collages des animaux et des villes fantastiques. Ce qui l’intéresse, c’est d’inscrire le réel
dans l’espace poétique, de laisser entrevoir au public d’autres mondes possibles. Michel Saulnier sera présent au Symposium les deux premières semaines du mois d’août.

Felicity Tayler
Québec
Propagande picturale, 2006
Photomontage de Félicity Tayler
FELICITY TAYLER est titulaire d’un Masters of Library and Information Studies de l’Université McGill. Elle est membre fondatrice (en 2000) du Centre de recherche urbaine de Montréal (CRUM). En 2001, elle expose Sans titre à la VAV Gallery de l’Université Concordia. Elle a participé à plusieurs expositions collectives, parmi lesquelles on peut citer le PROJET MOBILIVRE, The 2004 Collection. Elle coordonne la publication de la Petite enveloppe urbaine no 12 «Information + démocratie» en 2004 et le no 14 prévu pour l’automne 2007. Ses oeuvres font partie de la collection du Centre Canadien d’Architecture et de la Bibliothèque
nationale du Québec.

Projet
Felicity Tayler propose une mise en situation. L’artiste installe son chevalet près de l’aréna; les passants qui s’arrêtent pour regarder la peinture de l’artiste découvrent qu’au lieu de peindre le paysage qui est devant ses yeux, elle copie l’oeuvre d’un peintre paysagiste québécois ou canadien reproduite dans un catalogue. Un dialogue s’instaure alors autour de la valeur d’une production artistique et, bien sûr, de celle de son tableau, car les gens désirent souvent l’acheter. Felicity Tayler leur offre alors un échange non monétaire; la négociation s’amorce: elle n’est pas toujours facile. Le compte rendu de ses expériences sera accessible sur Internet.

Nicolaj Dudek
Étranger
Wishing Well, détail, 2004
Broches, placoplâtre, bois
Environ 190 x 252 x 168 cm
De nationalité allemande, NICOLAJ DUDEK est dessinateur, peintre, graveur et sculpteur. Il vit et travaille à Francfort. Né en 1964, il a fait des études en géologie pour ensuite bifurquer vers le domaine des arts. Il a participé à de nombreuses expositions autant en Allemagne que dans le reste de l'Europe (Islande, Grande-Bretagne, Suisse, Autriche, Danemark...). Son oeuvre est principalement centrée sur le dessin exécuté sur divers matériaux. Ce moyen d’expression l’intéresse, car il lui permet de transmettre plus rapidement ses idées et ses émotions. Dans ses oeuvres, il interroge les comportements humains — la condition humaine, pourrait-on dire — souvent avec un humour acide.

Projet
«La présence d’une vingtaine d’artistes à Baie-Saint-Paul pour ce Symposium me semble être un reflet de la situation de l’artiste dans notre société, un microcosme d’une interrelation plus large. Mon projet consistera en une installation composée de dessins (sur papier, sur les murs ou sur d’autres supports) qui traiteront de mes pensées, de mes rêves et de mes réflexions sur ma situation d’artiste invité à Baie-Saint-Paul. À ces dessins s’ajouteront des photographies, des sculptures et des extraits vidéo. Je tenterai de trouver une manière de faire participer des habitants de la région à mon travail. Je veux les rencontrer pour leur poser des questions: Que signifie la notion d’art pour vous? Avez-vous besoin d’art? Est-ce seulement un divertissement ou un élément essentiel de vos vies? Pour vous, l’art est-il politique?»

VIA {S. COTTON + M. GUERRERA + C. LEMIEUX}
Québec
Photographie d'une action
2007

SYLVIE COTTON

La rencontre est au coeur de la démarche artistique de Sylvie Cotton. Une démarche multidisciplinaire: tantôt à travers un cahier de dessins, tantôt à travers une mise en situation, tantôt à travers des objets, des textes, des photos. Voir une exposition ou une performance signée Cotton, c’est aller à la rencontre de l’artiste. Pour celle qui est déjà intervenue dans des ascenseurs et des restaurants, la parole est la matière et la collectivité, l’auteure d’une oeuvre in situ. Le Théorème des Sylvie (2001) réunissait ainsi toutes les femmes partageant ce prénom. Le plus récent projet de Sylvie Cotton, à la galerie Joyce Yahouda, s’apparentait au dévoilement d’une carrière passée à observer, à échanger.

MASSIMO GUERRERA

On l’a oublié, mais Massimo Guerrera est d’abord peintre et graveur: il a obtenu en 1989, une mention au prix Albert- Dumouchel. Voilà qui semble étonnant, tant il est devenu, depuis 1995, avec sa cantine ambulante, le leader de la génération «esthétique relationnelle». Le corps est au coeur de ses installations et de ses performances métaphoriques, alliant dessin, photographie et sculpture, nourriture et restes de nourriture, échanges avec autrui et actions solitaires. Lancée lors de la 2e Biennale de Montréal, son oeuvre clé, Darboral, l’accompagne depuis sept ans, y compris lors d’un arrêt au Musée national des beaux-arts du Québec. Prix Ozias-Leduc 2001, il est représenté par la galerie Joyce Yahouda.

CORINE LEMIEUX

Associée à la galerie Clark depuis 1998 et à l’exposition culte Les Bricolos, Corine Lemieux s’est fait connaître à travers les centres d’artistes. Son deuxième solo, Y fait rouge dans mon foyer, est à l’origine de sa notoriété. Certains observateurs l’ont comparée à l’artiste américain Jeff Koons en raison de son goût pour les objets kitsch et sexués. Elle délaisse ensuite cet esprit et le mode installation pour des suites photographiques inspirées de l’esthétique relationnelle présentée lors de l’exposition Et glisser en cours de route. Ses collaborations avec Massimo Guerrera (son compagnon dans la vie), puis son récent travail sculpté à la galerie Joyce Yahouda, ont démontré sa belle polyvalence.

Projet
C’est sous le collectif récemment constitué et appelé, VIA, que Sylvie Cotton, Massimo Guerrera et Corine Lemieux s’intègrent au 25e Symposium de Baie-Saint-Paul. Il s’agit d’une première officielle mais non pas officieuse, tant ces «complices» de longue date ont souvent travaillé ensemble. Sous influences, «leur installation», lèvera le voile sans pudeur sur la manière de créer en groupe. Qui influence qui ? Comment ? À quel moment ? Certes, chacun aura table et outils, mais les idées voleront d’une tête à l’autre. Il en résultera une oeuvre collective d’où jailliront, des réflexions sur l’identité, l’individualité, l’ouverture (ou la résistance) à l’autre. L’exercice, public, mettra à nu «l’atelier intérieur».